Lacan : fonction de signe.
"Si le discours du sujet pouvait, à la rigueur et à l'occasion, être mis entre parenthèses dans la perspective initiale de l'analyse pour la fonction de leurre, voire d'obstruction, qu'il peut remplir dans la révélation de la vérité, c'est au titre de sa fonction de signe et de façon permanente qu'il est maintenant dévalué." Ecrits 1, J. LACAN, p 336.
Le sujet parle et ce qu'il dit s'en va loin d'une vérité qui ne peut éclore que de sa dévaluation.
Ce qui nous leurre, c'est ce avec quoi on voudrait que se mari ce qu'il y a à révéler, à savoir une vérité. C'est ici le discours du sujet qui irait jusqu'à en barrer l'accès - à cette révélation de la vérité. Il faut donc d'une manière où d'une autre faire taire ce discours pour qu'ailleurs l'analyste puisse décapsuler ce pour quoi le sujet est là. La vérité du sujet se trouve ailleurs que dans le sujet du discours.
Mais ce n'est pas seulement parce que le discours du sujet peut opérer parfois comme bouchon du Vésuve qu'il y a dévaluation de la monnaie discours conscient du sujet, mais cette fois au titre de sa fonction de signe, ce qui se sous-titre de son caractère de constante, sa permanence.
Et l'on passe de l'une à l'autre de ces dévaluations par un changement de perspectives où l'analyste miroite, insaisissable en tout cas au discours du sujet.
Qu'est ce que la fonction de signe du discours du sujet? Le signe, c'est ce signifiant qui renvoie à sa signification. Chez Lacan, le signifiant, c'est quelque chose d'important. alors pourquoi pas, disons: c'est en tant que le signe renvoie à une signification que ce signe est ce dont on doit se défaire pour qu'une vérité soit révélée. Et ce qu'il y a à garder du discours du sujet, c'est ce qui du signe est le signifiant.
Le signifiant rejoint alors un monde où il renvoie à lui-même, où plutôt aux autres signifiants. Le signifiant, c'est le mot lui-même en tant que phonème. Le monde des signifiants, c'est ce monde des jeux de mots, et s'il est joué aux dépens du sens immédiat du discours du sujet, il permet à l'analyste de jouer son jeux dans le monde de la vérité.